Qui décide vraiment d'un achat B2B ? Trouver le bon interlocuteur avant d'écrire

Par Etienne DouillardMis à jour le 6 min de lecture

Sommaire
  1. Pourquoi votre contact le plus enthousiaste n’est-il pas toujours le décideur ?
  2. Quels rôles composent un comité d’achat ?
  3. Qui décide selon la taille de l’entreprise ?
  4. Comment identifier le bon interlocuteur avant d’écrire ?
  5. Que faire quand le signal vient de la mauvaise personne ?
  6. Comment adapter le message à chaque rôle ?
  7. Comment passer du bon interlocuteur au rendez-vous ?

Beaucoup de prospections échouent sans que le message soit en cause. On a écrit à quelqu’un d’intéressé, parfois on a même obtenu un rendez-vous, mais la personne ne décidait pas. Un client nous l’a résumé en une phrase, à propos de rendez-vous qui ne menaient à rien : « C’est des personnes qui s’intéressent, mais c’est pas eux qui prennent la décision. »

Trouver le bon interlocuteur avant d’écrire évite ce gâchis. Voici comment raisonner.

Pourquoi votre contact le plus enthousiaste n’est-il pas toujours le décideur ?

Parce que l’enthousiasme et le pouvoir de décision ne vont pas forcément ensemble. La personne qui répond le plus vite est souvent celle qui a le temps, la curiosité, ou le problème au quotidien. Ce n’est pas toujours celle qui tient le budget.

Dans une entreprise de taille moyenne ou grande, l’achat est collectif. Selon Gartner, un achat B2B complexe implique en général 6 à 10 décideurs, chacun arrivant avec les informations qu’il a réunies de son côté (Gartner, The B2B Buying Journey, étude publiée en 2019). Chacun peut aussi dire non, parfois sans jamais vous avoir parlé.

C’est la cause la plus fréquente des rendez-vous « sympas » qui ne donnent rien : une vraie conversation, avec quelqu’un qui ne pourra pas acheter.

Quels rôles composent un comité d’achat ?

Les intitulés changent d’une entreprise à l’autre, mais on retrouve presque toujours les mêmes rôles.

Rôle Ce qu’il regarde Ce qu’il faut lui apporter Quand il intervient
Utilisateur, opérationnel Le problème au quotidien, la facilité d’usage Un gain concret sur son travail Dès le début, souvent l’origine du besoin
Responsable métier (commercial, production, RH, marketing) Les résultats de son service Un effet sur ses objectifs Porte le projet en interne
Informatique ou référent technique L’intégration, la sécurité, les données Des réponses précises et vérifiables Pendant la comparaison
Direction financière Le coût total, le retour sur investissement Un calcul simple et honnête Avant l’engagement
Achats Le risque fournisseur, le contrat, le prix Des garanties, des conditions claires En fin de parcours
Direction générale L’alignement avec la stratégie Une raison de faire maintenant Sur les décisions engageantes

Le rôle clé est souvent le responsable métier. Il vit le problème à travers son équipe, il a assez de poids pour le mettre à l’ordre du jour, et c’est lui qui défendra la solution devant la finance et la direction.

Qui décide selon la taille de l’entreprise ?

La taille change tout, et c’est là que beaucoup de ciblages se trompent.

  • Indépendants et TPE. Le dirigeant décide seul, ou avec un associé. Il vit le problème, tient le budget et signe. Lui écrire directement est la bonne approche.
  • PME de 10 à 50 personnes. Le dirigeant reste le décideur final, mais un responsable (commercial, production, administratif) peut porter le sujet. Les deux sont de bons points d’entrée selon ce que vous vendez.
  • PME de 50 à 250 personnes. Le responsable métier devient l’interlocuteur naturel. Le dirigeant n’intervient que sur les achats importants.
  • ETI et grands groupes. Comité, achats, référencement fournisseur, cycles longs. Ce que nous observons chez nos propres clients : ces comptes demandent un ciblage très précis, plusieurs interlocuteurs et de la patience. Une prospection standard y obtient rarement un rendez-vous utile. Dans l’industrie, où l’on vend souvent à plusieurs interlocuteurs d’un même compte, voyez la prospection par compte dans l’industrie.

Comment identifier le bon interlocuteur avant d’écrire ?

  1. Partez du problème, pas du titre. Qui, dans l’entreprise, souffre de ce que vous résolvez ? Un retard de livraison touche d’abord le responsable de production, pas le directeur financier.
  2. Regardez qui en parle. Un signal public (une publication, un commentaire, une réaction répétée) vous dit qui s’intéresse réellement au sujet, ce que l’organigramme ne dit pas. C’est l’objet de la qualification d’un signal, et la liste des signaux repérables sur LinkedIn vous aidera à savoir quoi chercher.
  3. Vérifiez le poste et le périmètre. Intitulé, taille de l’équipe, ancienneté. Un « responsable » sans équipe n’a pas le même poids qu’un directeur de site.
  4. Vérifiez l’entreprise. Taille, secteur, marché : correspond-elle à vos clients actuels ? Un bon interlocuteur dans une entreprise hors cible reste hors cible.
  5. Repérez les moments de pouvoir. Un responsable qui vient de prendre son poste a souvent plus de latitude pour changer de fournisseur. Voyez le changement de poste comme signal d’achat.
  6. Prévoyez le deuxième interlocuteur. Avant même d’écrire, notez qui devra valider. Vous saurez quoi préparer quand la conversation avancera.

Que faire quand le signal vient de la mauvaise personne ?

Cela arrive souvent : un technicien commente un post sur votre sujet, mais c’est son directeur qui décide. Deux options.

La première : écrire au technicien quand même, avec une question sur son quotidien. Il peut devenir votre relais interne. La seconde : utiliser le signal comme information sur l’entreprise et écrire au responsable, en parlant du sujet, jamais de son collaborateur.

Exemple. Signal : Julien, responsable maintenance de la Biscuiterie Lebreton à Vitré, 200 salariés, commente un post sur les arrêts de ligne imprévus. Le décideur est Hervé, directeur industriel du site.

Accroche ratée : « Bonjour, votre collègue Julien a commenté un post sur les pannes de ligne. Nous avons une solution de maintenance prédictive, pouvons-nous en parler ? »

Accroche qui obtient une réponse : « Bonjour Hervé, sur un site qui tourne en continu, un arrêt de ligne imprévu coûte souvent plus cher en production perdue qu’en réparation. C’est un sujet que vous suivez de près cette année, ou la situation est sous contrôle ? »

La version ratée expose un collègue et parle du produit. La seconde parle de la préoccupation du directeur, avec ses mots à lui (production perdue, pas « maintenance prédictive »), et lui laisse une réponse facile.

Comment adapter le message à chaque rôle ?

Un même signal peut ouvrir plusieurs conversations, à condition de changer d’angle :

  • à l’utilisateur, parlez de son temps et de ses irritants ;
  • au responsable métier, de ses objectifs et de son équipe ;
  • au financier, du coût de l’inaction et du retour attendu ;
  • au dirigeant, de la raison d’agir maintenant plutôt que l’an prochain.

Ne mélangez pas tout dans un seul message. Un premier message qui parle à la fois de confort d’usage, de ROI et de stratégie ne parle à personne.

Comment passer du bon interlocuteur au rendez-vous ?

Une fois la conversation engagée, trois gestes simples font la différence :

  1. Qualifiez sans interroger. Demandez naturellement qui d’autre serait concerné par une décision de ce type.
  2. Proposez un échange court, avec une raison. « Vingt minutes pour voir comment d’autres sites ont réglé ça » vaut mieux qu’une « démo de 45 minutes ».
  3. Donnez-lui de quoi convaincre en interne. Un document d’une page, clair et chiffré, qu’il pourra transférer sans le réécrire.

C’est aussi la logique que suit l’IA MeetMagnet : on ne garde un prospect repéré sur LinkedIn que si son poste et son entreprise correspondent à un vrai acheteur, puis l’accroche est écrite pour lui, à partir de son signal. Car un rendez-vous n’a de valeur que s’il se tient avec quelqu’un qui peut dire oui. Si vos messages partent aux bonnes personnes mais restent sans réponse, le problème est ailleurs : lisez pourquoi vos prospects ne répondent pas.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un comité d'achat B2B ?

C'est le groupe de personnes qui participe à une décision d'achat dans une entreprise : ceux qui utiliseront la solution, le responsable du service concerné, la direction financière, parfois les achats, l'informatique et la direction générale. Chacun regarde un critère différent. Dans une petite structure, ce groupe se réduit souvent au dirigeant et à un proche.

Faut-il écrire directement au dirigeant ?

Dans une entreprise de moins de 50 personnes, souvent oui, car c'est lui qui décide et qui vit le problème. Au-delà, écrire au dirigeant sur un sujet opérationnel mène souvent à un renvoi vers un collaborateur, ou à un silence. Mieux vaut viser le responsable du service concerné, qui portera le sujet.

Comment savoir si mon interlocuteur a le pouvoir de décider ?

Posez la question simplement, une fois la conversation engagée : qui d'autre serait impliqué dans une décision de ce type, et comment ça se passe d'habitude chez vous ? La plupart des gens répondent volontiers. Vérifiez aussi son poste, son périmètre et la taille de son équipe avant le rendez-vous.

Que faire si mon contact n'est pas le décideur ?

Ne le contournez pas. Faites-en un allié : aidez-le à présenter le sujet en interne avec un document court, chiffré, qu'il peut transférer tel quel. Proposez ensuite un deuxième échange auquel il invite la personne qui décide. Passer par-dessus lui risque de fermer la porte des deux côtés.

Etienne Douillard

Cofondateur et président de MeetMagnet

Ingénieur et entrepreneur depuis plus de 5 ans, Etienne accompagne chaque semaine des PME B2B dans leur prospection par signaux d'achat.

LinkedIn

Des signaux d’achat aux rendez-vous

MeetMagnet repère qui a une raison de vous répondre maintenant, écrit l'accroche qui se démarque, et un humain vous accompagne.

À lire aussi