Pourquoi vos prospects ne répondent pas, et ce qui change quand on écrit au bon moment

Par Etienne DouillardMis à jour le 7 min de lecture

Sommaire
  1. Pourquoi vos messages de prospection restent-ils sans réponse ?
  2. Le problème vient-il du volume ou du message ?
  3. Qu’est-ce qui distingue une accroche qui obtient une réponse ?
  4. À quoi ressemble une accroche avant et après ?
  5. Pourquoi le moment change-t-il autant la réponse ?
  6. Comment passer d’une réponse à un rendez-vous ?
  7. Et si vous n’avez pas le temps d’écrire chaque message ?

Vous avez une bonne offre, une cible claire, vous envoyez des messages chaque semaine. Et presque personne ne répond. Le réflexe est de chercher du côté des outils, du volume ou des horaires d’envoi. Le vrai problème est presque toujours ailleurs : votre message ressemble à tous ceux que votre prospect reçoit déjà.

Un dirigeant de PME reçoit des sollicitations toute la semaine, sur LinkedIn comme par email. Il ne les lit pas : il les trie. Votre message a deux secondes pour montrer qu’il n’est pas comme les autres.

Pourquoi vos messages de prospection restent-ils sans réponse ?

Six causes reviennent sans cesse. La plupart des messages en cumulent plusieurs.

  1. Il ressemble aux autres. Compliment vague, présentation de l’entreprise, offre, demande de créneau. Ce modèle est tellement répandu qu’il se reconnaît avant d’être lu. Une dirigeante d’agence nous a expliqué qu’elle n’ouvre plus du tout les messages standardisés : elle les archive directement.
  2. Il parle de vous. « Nous sommes », « nous proposons », « notre solution ». Le prospect cherche une raison de s’intéresser à ce message. Il n’en trouve aucune qui le concerne.
  3. Il arrive sans raison. Rien n’explique pourquoi vous écrivez à cette personne, cette semaine. Sans raison, le message est du bruit, même bien écrit.
  4. Il arrive au mauvais moment. Trop tôt, le sujet n’est pas une priorité. Trop tard, le choix est fait et un concurrent a déjà posé le cadre.
  5. Il s’adresse à la mauvaise personne. Quelqu’un d’intéressé mais qui ne décide pas répondra peut-être, mais rien ne suivra. Voyez qui décide vraiment d’un achat B2B.
  6. Il demande trop, trop tôt. Trente minutes de visio à un inconnu, dès le premier message : c’est beaucoup demander à quelqu’un qui ne vous connaît pas.

Le problème vient-il du volume ou du message ?

Du message. Le volume ne fait qu’amplifier ce qu’il transporte. Envoyer deux fois plus d’un message que personne ne lit, c’est deux fois plus de silence, et un risque réel pour votre compte LinkedIn ou votre nom de domaine.

Les messages générés en masse aggravent la situation. Ils se ressemblent tous, parce qu’ils partent tous des mêmes informations : le poste, l’entreprise, le secteur. Les prospects le sentent. « Je déteste quand ça fait très très IA », nous a dit un client, qui parlait des messages qu’il reçoit lui-même.

La personnalisation de surface ne suffit pas non plus. Insérer le prénom, le nom de l’entreprise ou « j’ai vu que vous travaillez dans l’industrie » ne rend pas un message personnel. Ce qui le rend personnel, c’est un fait qui ne concerne que cette personne, maintenant.

Qu’est-ce qui distingue une accroche qui obtient une réponse ?

Une bonne accroche coche cinq cases :

  • elle part d’un fait récent chez le prospect (ce qu’il a publié, commenté, annoncé) ;
  • elle parle de sa situation, pas de votre produit ;
  • elle ne cite pas le signal tel quel : on ne dit pas « j’ai vu votre like », on parle du sujet qui l’a fait réagir ;
  • elle ne pourrait être envoyée à personne d’autre ;
  • elle finit par une question simple, à laquelle on peut répondre en une ligne.
Message ignoré Message qui obtient une réponse
Commence par vous Commence par lui
Aucune raison d’écrire maintenant Un fait récent justifie le message
Personnalisation de surface (prénom, secteur) Un sujet qui l’occupe en ce moment
Cite le signal (« j’ai vu que… ») Parle du problème derrière le signal
Demande un rendez-vous de 30 minutes Pose une question simple

À quoi ressemble une accroche avant et après ?

Trois exemples. Les deux premiers sont des messages réels, anonymisés, envoyés à partir d’un signal repéré sur LinkedIn. Les versions « ratées » sont inventées : c’est ce qu’on envoie d’habitude dans la même situation.

Exemple 1 : une coach de dirigeants

Exemple réel, anonymisé. Signal : le directeur régional d’un groupe national, qui pilote plusieurs sites, a aimé un post sur le stress des dirigeants.

Accroche ratée (inventée) : « Bonjour, j’ai vu que vous aviez aimé un post sur le stress. Je suis coach certifiée et j’accompagne les dirigeants depuis 10 ans. Auriez-vous 30 minutes cette semaine pour en parler ? »

Accroche qui a obtenu une réponse : « La pression fait partie de votre rôle de dirigeant multisite. Mais elle ne doit pas être normalisée. J’aide les dirigeants à préserver leur équilibre. Souhaitez-vous échanger sur vos priorités du moment ? »

Le prospect a répondu 47 minutes après l’envoi, en reprenant la phrase qui l’avait touché : la remarque sur la pression qui ne doit pas être normalisée lui « parlait particulièrement ». Un rendez-vous en visio a été fixé dans la foulée. Le message ne cite pas le like, ne présente pas la coach longuement et nomme sa réalité à lui : dirigeant de plusieurs sites, sous pression.

Exemple 2 : un sous-traitant industriel

Exemple réel, anonymisé. Signal : le président d’un groupe industriel réagissait à des contenus sur la sécurisation des approvisionnements et la proximité des fournisseurs.

Accroche ratée (inventée) : « Bonjour, notre atelier d’usinage de précision existe depuis 50 ans et dispose d’un parc de machines CNC récent. Nous serions ravis de vous présenter nos capacités. »

Accroche qui a obtenu une réponse : « Je vois qu’aujourd’hui beaucoup de mes clients donneurs d’ordre cherchent un sous-traitant d’usinage plus proche, pour qu’un imprévu sur une pièce ne bloque pas une ligne de montage. […] Sur quelles pièces mécaniques en série travaillez-vous en ce moment ? »

Le prospect a répondu, a décrit ses métiers, puis a donné ses coordonnées directes pour organiser une visio. L’accroche parle du risque qu’il a en tête (une ligne bloquée) depuis le terrain de l’usine, sans jamais évoquer LinkedIn, et finit par une question sur son activité.

Exemple 3 : un organisme de formation commerciale

Exemple. Signal : Logiciels Berthelot, éditeur nantais d’un logiciel de planning pour cliniques vétérinaires (15 personnes), publie l’offre d’emploi de son premier commercial.

Accroche ratée : « Bonjour Sophie, félicitations pour votre croissance ! Nous formons les équipes commerciales depuis 2012 avec une méthode éprouvée. Puis-je vous présenter notre catalogue ? »

Accroche qui obtient une réponse : « Bonjour Sophie, Logiciels Berthelot recrute son premier commercial. Souvent, il faut alors lui transmettre tout ce que les fondateurs faisaient à l’instinct. Comment comptez-vous lui passer le relais sur vos premiers clients ? »

Le recrutement est public : on peut rebondir dessus. Mais l’accroche parle de ce que ce recrutement implique pour la fondatrice, pas de la formation. Plus de cas du même type dans notre article sur l’offre d’emploi comme signal d’achat, et d’autres encore dans nos exemples de messages de prospection LinkedIn.

Pourquoi le moment change-t-il autant la réponse ?

Parce qu’un même message n’a pas le même effet selon ce que vit le prospect cette semaine-là. Écrit au moment où il réfléchit au sujet, il tombe juste. Écrit trois mois plus tard, il arrive après la décision.

Un dirigeant, devenu client depuis, nous l’a dit en rendez-vous, à propos du message qui l’avait fait répondre : « Ton message, c’est marrant, il était vraiment au bon moment. » Ce n’était pas de la chance : le message partait d’un signal qu’il venait d’émettre.

Le signal donne le moment. L’accroche en fait une raison de répondre. L’un sans l’autre ne suffit pas : un signal cité maladroitement reste un message de plus, et une belle phrase envoyée au hasard tombe à plat. Pour savoir quels signaux méritent un message, lisez comment qualifier un signal d’achat.

Comment passer d’une réponse à un rendez-vous ?

Une réponse n’est pas un rendez-vous. Beaucoup de conversations bien lancées s’arrêtent là, faute de suite. Quatre règles :

  1. Répondez vite. Dans l’heure si possible. L’attention du prospect est à son maximum juste après sa réponse.
  2. Continuez sur son sujet. Posez une deuxième question sur sa situation avant de parler de vous.
  3. Proposez un échange court, avec une raison précise. « Vingt minutes pour regarder vos pièces en série et vos délais actuels » plutôt qu’une « présentation de nos services ».
  4. Vérifiez qu’il décide. Un client nous a raconté avoir obtenu une vingtaine de rendez-vous avec un autre outil, « qui n’ont strictement rien donné derrière » : mauvais secteurs, mauvais interlocuteurs. Un rendez-vous n’a de valeur que s’il peut mener à une vente.

La méthode complète de prise de rendez-vous B2B est décrite pas à pas.

Et si vous n’avez pas le temps d’écrire chaque message ?

C’est la difficulté que nous entendons le plus souvent : les dirigeants de PME savent qu’un message sur mesure fonctionne mieux, mais ils n’ont pas le temps d’en écrire trente par semaine, ni de surveiller LinkedIn tous les jours.

C’est ce que prend en charge l’IA MeetMagnet : repérer chaque jour les signaux sur LinkedIn, écrire l’accroche à partir de chaque signal et la faire relire avant l’envoi, sur LinkedIn et par email. Dans l’offre Accompagné, un humain relit avec vous : il calibre la cible et les messages, puis suit les résultats.

C’est souvent là que tout se joue : le temps passé à calibrer les signaux et les messages, avec quelqu’un qui les relit.

Questions fréquentes

Pourquoi mes messages LinkedIn restent-ils sans réponse ?

Le plus souvent, parce qu'ils suivent le même modèle que tous les autres : compliment, présentation, offre, demande de créneau. Le prospect le reconnaît en deux secondes et passe. S'y ajoutent un mauvais moment, sans raison d'écrire maintenant, ou une personne qui ne décide pas. Le message doit partir de sa situation, pas de votre offre.

Faut-il envoyer plus de messages pour avoir plus de réponses ?

Non, pas si le message ne fonctionne pas. Envoyer davantage un message que personne ne lit multiplie les refus, use votre réputation et peut limiter votre compte ou votre domaine. Mieux vaut écrire à moins de personnes, mieux choisies, avec une accroche qu'on ne pourrait envoyer à personne d'autre, puis augmenter le volume.

Faut-il mentionner le signal dans le message, par exemple un like ?

Non. Écrire « j'ai vu que vous aviez aimé tel post » met mal à l'aise et ressemble à de la surveillance. Parlez plutôt du sujet qui a déclenché le geste. Pour une publication publique, comme un recrutement ou une prise de poste, on peut en revanche rebondir sur le fait annoncé, qu'il assume ouvertement.

Combien de relances envoyer à un prospect qui ne répond pas ?

Deux relances suffisent en général, espacées de deux semaines environ. Chacune doit apporter quelque chose de nouveau : un exemple, une question différente, une information utile. Une relance qui se contente de « remonter » le premier message confirme au prospect qu'il a eu raison de ne pas répondre.

Les messages écrits par une IA sont-ils repérés par les prospects ?

Souvent, oui. Les formules génériques, les compliments vagues et les structures identiques se reconnaissent vite, et beaucoup de dirigeants les archivent sans les lire. L'outil n'est pas le problème : c'est l'absence de fait précis sur le prospect. Un message généré à partir d'un signal réel, puis relu, ne se lit pas de la même façon.

Etienne Douillard

Cofondateur et président de MeetMagnet

Ingénieur et entrepreneur depuis plus de 5 ans, Etienne accompagne chaque semaine des PME B2B dans leur prospection par signaux d'achat.

LinkedIn

Des signaux d’achat aux rendez-vous

MeetMagnet repère qui a une raison de vous répondre maintenant, écrit l'accroche qui se démarque, et un humain vous accompagne.

À lire aussi